Raphèle à l'an pèbre


Dominique Masselot, qui c'est celui-là ?

Rien de tel qu'un bon petit questionnaire maison pour présenter le plumitif.

 

Naissance, enfance, scolarité
Je suis né dans une maison sans eau courante, un samedi 16 juillet de l'an 55 à Bachy, un village du Pévèle, situé à 20 km de la belle ville de Lille.
Enfance heureuse bien que de santé fragile. Aîné de trois frères, nous passions nos journées dans les bois et les plaines du Nord, sans télévision ni parents qui nous tiennent constamment sous surveillance. Je n'ai jamais connu l'addiction des écrans de jeux vidéos et d'ordinateur. Ca n'existait pas et c'est heureux. Je rentrais parfois le visage en sang, on peut dire que j'ai eu une enfance digne de la guerre des boutons.
J'étais un élève assez moyen, faute de beaucoup rêvasser en classe. J'ai eu la chance de connaître ces vieilles salles de classe chères à Anatole France, avec le poêle à charbon, les encriers, les remises des prix à la salle des fêtes et un enseignement solide, basé sur le respect et la discipline. Mon instituteur (et non "professeur des écoles", néologisme absurde), s'appelait Henri Vairat, c'est à lui que je dédie ce livre. Il est un des derniers éminents témoins d'une enfance qui ressemble à ces vieux films en noir et blanc, sans effets spéciaux.
Je n'ai acquis aucun diplôme. Par la suite, tout fut affaire d'autodidacte, lorsque tardivement je passerai de longues heures dans les musées et bibliothèques, pour rattraper le retard de l'élève constamment dissipé que j'étais.

Parcours professionnel
Après une sortie lamentable du dernier établissement scolaire que j'ai fréquenté (le lycée technique Les Grands Bois, de Hayange, en Moselle), j'ai connu les douleurs morales du chômage. Juillet 1974, j'entrais à Solmer, l'usine sidérurgique nouvellement construite à Fos-sur-Mer. Je fête cette année ma 34ème année d'ancienneté dans cette entreprise qui, au fil de ses multiples identités, semble emportée par le courant instable des lois du marché et croisements planétaires.
Après un bref passage aux pupitres des ateliers des cisailles, j'entrais au laboratoire d'analyses où je resterai jusqu'en 1987. Là, un personnage apportera un grand coup d'accélérateur à ma modeste carrière en m'intégrant à son équipe : Monsieur Alain Tivolle, pour qui j'ai toujours éprouvé une certaine admiration pour sa rigueur, sa stratégie et ses élans avant-gardistes auxquels j'adhérais. C'était un vrai chef, un battant. Il me propulsera à la tête d'un petit journal puis d'un bulletin qu'il animait au coeur de Paris La Défense. Je découvrais le journalisme, les stages intensifs à l'école parisienne du CFPJ de la rue du Louvre. Parallèlement le goût d'écrire se faisait plus fort, moins aléatoire, plus réfléchi bien qu'encore très immature avec le recul.
Fin des années 90, un nouveau vecteur de communication faisait son apparition et se substituait peu à peu au journal dont j'étais l'unique rédacteur et qui mourra faute d'implication. Internet se démocratisait au sein des entreprises. La demande de sites était alors en constante augmentation. Quelques années plus tard, l'essor de ce support électronique était à son apogée. Je m'investissais alors dans la frénésie des dépôts de domaines et des créations de sites.
Je pense très honnêtement qu'au fil des années, j'ai rencontré dans cette entreprise des gens motivés, une hiérarchie à l'écoute pour qui j'ai toujours eu plaisir à travailler. Ma vie de technicien a toujours été ponctuée de sourires, j'ai vraiment rencontré des gens formidables à Solmer, Sollac, Arcelor et aujourd'hui ArcelorMittal. Si j'évoque longuement cette tranche de vie, c'est par gratitude pour ces hommes et pour ces femmes qui m'ont accompagné pendant ces 34 longues années et dont certains sont devenus de vrais amis.

Un autre métier
J'aime cuisiner, ça m'aurait plu d'être chef dans un restaurant sans prétention. Servir en tablier blanc et toque assortie, imaginer des petits plats originaux dont les clients seraient enchantés... Timbale de sardines à la chantilly... Pâté de sauterelles aux framboises et sa gelée d'anchois... Le sushi de méduse à la sauce anglaise, non je déconne.

Livre préféré
Préférer un seul et unique livre ? Impossible. J'ai beaucoup aimé La vie exécrable de Guillemette Babin sorcière, de Maurice Garçon. Vieux français et syntaxe antique, un délice à lire ! Il fut un temps je me passionnais pour l'ésotérisme, je reste convaincu que Le Troisième œil, de Lobsang Rampa, est un grand livre. Un livre m'a beaucoup ému : La transhumance, de Marie Mauron. Un de mes contes, "Venise a disparu", y fait référence. Je l'ai un peu voulu comme un hommage à cette grande femme de lettres provençale.

Religion
Je pense que la religion ressemble à la politique en ce sens qu'elle divise plutôt que d'unir. La religion, quelle qu'elle soit, est le plus grand moteur de haine et de divergence entre les peuples, depuis l'aube de l'humanité. Elle a conduit et conduit toujours aux pires massacres, simplement pour des idées.
J'ai cependant un très grand respect pour les prêtres dont j'ai toujours recherché le contact. Cet attrait remonte à mes savoureuses années de catéchisme, dans les années 60.

Un grand homme
L'histoire de l'humanité est marquée par d'admirables empreintes humaines, qu'elles soient artistiques, littéraires ou médicales. S'il fallait choisir un homme je dirais le docteur Albert Schweitzer.

Fumeur
Il est regrettable que l'on ne puisse plus fumer au restaurant à la fin d'un bon repas ou au bistrot en prenant l'apéro. A cause de cette interdiction stupide, les trottoirs sont parsemés de mégots puisqu'on a également supprimé tous les cendriers. Car les fumeurs et fumeuses sont à présent contraints de sortir, c'est à dire quitter régulièrement leur lieu de travail ou le coin du bar. Cette interdiction a causé beaucoup de dégâts parmi les commerçants, notamment les bars, malgré les faux témoignages qui laissent supposer que l'on s'adapte à cette privation. Il n'y a pas plus de monde au café pour autant. Au contraire ! Ni moins de cancers, hélas. L'interdiction de fumer est une intox cérébrale made in USA.

La plus grande invention
Des tas ! Pendant longtemps je disais que c'était le papier, support de la Connaissance. Maintenant je réponds sans hésiter : internet.

La plus terrible pénurie
Si l'eau venait à manquer, la vie ne mettrait pas longtemps à s'éteindre sur ce petit caillou qu'est la Terre. Quand je vois le nombre de mètres cubes de flotte qu'on gaspille pour arroser les pelouses ou laver les bagnoles, je m'aperçois que la société de consommation à complètement déglingué le sens des valeurs qu'on ne se donne plus la peine d'enseigner à l'école.

Ridicule
Les modes sont ridicules. Quelles qu'elles soient. Je ne parle pas de LA mode mais "des" modes. On en voit apparaître une nouvelle chaque jour. Il suffit de regarder le 20 heures à la télévision, instrument de propagande par excellence, et l'encravaté de service vous annonce tout de go qu'en Amérique on fait ci et on fait ça. Suivre les modes, c'est réellement manquer d'originalité, ce n'est rien d'autre que du panurgisme (il suffit qu'un mouton fasse un truc et le troupeau suit sans se poser de question). C'est un phénomène de société, devenir ridicule pour engrosser le capital.
Comme il était ridicule ce jeune cadre dynamique que je vis un jour en trottinette sur le parvis de La Défense. A se demander si pendant la pause, il jouait aux billes avec ses collègues.
Mais la pire de toutes les modes, qui n'a jamais connu un tel précédent, concerne la déchéance grammaticale dans laquelle a sombré la langue française, victime des fautes volontaires issues de cet abject style sms, repris en chœur par la publicité (ridicule également ô combien). A tel point que les jeunes et fervents adeptes de ce style phonétique épouvantable ne sont plus capables d'écrire correctement. Et tout le monde trouve ça normal. Pauvre France.

Les animaux
J'aime tous les animaux, y compris ceux qui portent l'étiquette "nuisible". Il n'y a pas d'animal nuisible, chacun ayant son rôle à jouer dans l'écosystème. L'homme seul est nuisible, ce primate qui investit tant de moyens dans l'extermination de sa propre espèce. Les requins, les scorpions, les renards, les rats, les pies, les guêpes... ces mal aimés ont tout autant le droit à la vie que les papillons, les dauphins ou les caniches. Je n'en élèverais par pour autant des blattes ou des termites mais il existe des moyens efficaces de se préserver des petits prédateurs.
Je déplore les abus dont les animaux sont victimes de la main de l'homme : vivisection, tauromachie, chasse, commerce de la fourrure, certaines pratiques de pêche, abattages déplorables, abandons, braconnage, trafics divers. Une telle cruauté n'est pas digne des représentants de 20 siècles de civilisation.

La plus grande connerie
Faire la guerre à un peuple, à coûts de milliards de dollars, pour lui piquer son pétrole, sous un prétexte puéril, en dépit de l'opposition du monde entier.

Une parole de Dieu
Quand mon heure aura sonné et que j'arriverai en Paradis (si je n'ai pas fait trop de conneries), j'aimerais que l'Eternel me dise : "Suis moi Dominique, Brassens a très envie de te voir."

Une devise
Un con qui marche va plus loin que deux intellectuels assis.