Raphèle à l'an pèbre


Anecdotes

Un petit bonus raphélois avec un délicieux parfum de nostalgie.

 

La cuisine de Marie

Marie était au fourneau ce que Cézanne était à la peinture.

     Il y a encore quelques années, le café du Commerce de Raphèle était un restaurant. On venait y savourer quelque plat délicieux dont Marie avait le secret. Un secret qu'elle conserve encore aujourd'hui mais qu'elle ne pourra jamais transmettre car un artiste ne peut léguer son savoir-faire. Elle aura beau vous expliquer que pour confectionner ses délicieux pigeons farcis il faut un chouilla de ceci ou un bonne rasade de cela, vous aurez beau vous appliquer ensuite dans votre cuisine en élève consciencieux, vous ne pourrez pas reproduire toute la subtilité du tour de main de Marie. La cuisine est affaire d'alchimie, Marie est et restera toujours dans la mémoire des fines gueules une alchimiste hors-pair.

Ce n'était pas de la haute gastronomie, cette cuisine-là, mais elle aurait converti le végétarien le plus déterminé. Quelle plus belle issue pour un taureau que de finir en daube dans une marmite de la cuisine du café du Commerce ? Plus belle révérence pour un lapin que d'exhaler son fumet sous les mains de Marie ?

"Je suis la reine des sauces" aimait à dire parfois notre cuisinière losqu'elle arrivait vers vous, un plat en terre cuite dans les mains. Et dans ce plat, c'était la merveille du monde qui dévoilait ses saveurs les plus parfumées. De cette sauce brune, onctueuse, émergeaient des morceaux de viandes qui avaient mijoté pendant des heures. En serveuse accorte, Marie revenait vous apporter l'accompagnement en de minuscules pommes de terre rissolées et dorées. Un petit Roqualinot Beaumes de Venise par-dessus et la Terre pouvait d'écrouler, le bonheur était là dans votre assiette. Vous le touchiez du nez, du regard, du goût, de l'ouïe et du toucher. Vous vous régaliez de tout votre être, avec le recueillement de celui qui savoure avec respect l'oeuvre d'un maître.

 


Les lotos au Commerce

En Provence, les lotos sont une institution. Et à Raphèle, au bar du Commerce, c'était pas de la galéjade peuchère ! Quand Raymond boulèguait, tout le monde se concentrait sur son carton jusqu'à ce que... quiiiineuUU !!! Et le carton était bien bon on pouvait démarquer. Voici de quelle manière étaient annoncés les numéros par le célèbre Raymond, tout un art.
 

Raymond, inimitable dans l'art de la ballotte. Des boulégueurs comme lui, y'en avait pas deux dans les Bouches-du-Rhône !

 

Quelques répliques de la part des joueurs :

  • Oh où que t'as appris à bouléguer ?
  • Encore ? Putain il a pris un abonnement celui-là !
  • Envoie le bon !
  • Oh y veut pas sortir !
  • Et ta mère !
  • Oh t'es sûr que t'as mis toutes les ballottes ?
  • Boulègueuuu boulègueuuu !

  1 : Le premier de mille, le plus petit
 
2 : Comme papa
 
3 : Comme la ville
 
4 : La petite chaise
 
5 : Trois zé deux
 
6 : La queue en l'air
 
7 : Sè-teu ! Comme la ville
 
8 : Deux fois quatre
 
9 : Comme untel, la queue en bas
10 : Deux fois cinq
11 : Les jambes à Dédé (incontournable ! Un soir le public dit "maintenant on veux les voir" Dédé monta sur une table, releva les bas de pantalon et les montra.)
12 : Dou-zeu !
13 : Le porte-bonheur. Allez l'OM
14 : L'homme fort (référence à la guerre 14. Locati, Pinasse, qu'importe le nom, histoire de chambrer quelqu'un)
15 : Quin-zeu !
16 : Sei-zeu !
17 : Disseu-sèteu !
18 : Dizeu-huiteu !
19 : Dizeu-neufeu !
20 : Sans eau !
21 : /
22 : Ils sont là ! (sans plus)
23 à 29 : /
30 : Nîmes Olympique !
31, 32 : /
33 : Au docteur !
34 à 37 : /
38 : La bonne année (année de naissance de Raymond, le nommeur. C'est très local, seuls les initiés saisissent)
39 : /
40 : Cest dans la marine qu'il y a le plus de... combines ! (référence à la célèbre partie de cartes de Pagnol)
41 : /
42 : Allez les verts!... peuchère
43 à 50 : /
51 : Sans publicité !
52 à 67 : /
68 : Préparez-vous...
69 : Vous l'attendiez. Ca va, on y est !
70 à 74 : /
75 : Ils arrivent
76 à 79 : /
80 : Dans le coin !
81, 82 : /
83 : Cogolin ! Le pays où les corbeaux volent sur le dos ! (sous entendu pour ne pas voir la mysère qu'il y a en bas, en référence à la ville natale du maire Carlevan, histoire de la taquiner car le maire jouait au loto avec ses administrés)
84 : Les grenouilles (ils viennent souvent à la mer parce qu'ils ne l'ont pas à côté)
85 à 87 : /
88 : Les deux coucourdes
89 : La mémé
90 : Le grand'père.

"A tout le monde bonsoir et n'oubliez pas que ... il y a le loto de ...


Raymond, le boulégueur et André, le président de la Boule Joyeuse